De la peinture sans pinceaux ni matière

La photographie constitue le point de départ de mes créations. L’image initiale est minutieusement analysée, disséquée, épurée, avant d’être découpée, triturée, réduite à l’état de particules graphiques élémentaires, créant ainsi une véritable palette de matière. Le relief de l’image se transforme en empreintes monochromes constituées de points et de lignes, formées de motifs improbables nés dans la spontanéité des réglages, au hasard des nuances générées par l’ombre et la lumière.

De cette palette de matière, de ces nuances de formes, un long cheminement créatif s’opère par assemblage et combinaison des éléments ainsi obtenus avec la couleur. Les nuances apparaissent appuyées par un travail sur la lumière au moyen de la palette numérique. Les formes et les lignes se mélangent, fusionnent ou se découpent, les couleurs interagissent avec les motifs pour faire renaître le relief et modeler l’image.

Petit à petit, la composition prend forme, façonnée par des touches de couleur puisées dans cette palette de «matière géométrique» dont les minuscules éléments graphiques opèrent comme des pigments macroscopiques.

Poussant la recherche au plus profond de cette matière picturale, c’est un univers abstrait qui se dévoile. Le sujet a disparu, il ne reste de l’image que des fragments de matière, des traces, des formes qui, de la même manière, se conjuguent entre elles et incitent à entrer de nouveau dans l’image.